LES CHIENS

CHRONIQUE de Brigitte Piquet Pellorce (N°2 DU 15/08/2016).

Les vacances! C’est formi-formidable…Il y aurait 20% de plus d’abandons que l’an passé.

Voilà l’échec de la protection animale. La SPA doit se réveiller, lutter en amont contre les achats à crédit chez les éleveurs et autres animaleries, faire pression auprès des ministères concernés, c’est là son rôle et son devoir. Un animal n’est pas un produit de consommation, il ne suffit pas de le dire, il faut agir!

Avec plus de 90 salariés rattachés au siège il me semble quand même possible de sortir de notre torpeur et d’organiser une communication offensive, de donner les moyens nécessaires aux équipes du terrain.

Mes amis, je n’ai pas grand chose à vous annoncer, ce sont les vacances… Pas pour les animaux dans nos refuges, hélas! Celui d’Aix-en-provence a été évacué hier suite aux incendies qui s’en rapprochaient dangereusement. Tous les chats et les chiens sont en sécurité. Bravo aux salariés et bénévoles qui se sont investis dans ce sauvetage.

Pour ceux qui les aiment, il est évident que les chiens ont des comportements proches de ceux d’un jeune enfant. Mais quand des scientifiques l’affirment, eux ne sont pas accusés d’anthropomorphisme. Ainsi, Grégory BERNS, chercheur à Atlanta aux Etats-unis, a écrit: « c’est une formidable découverte scientifique qui prouve que nos chiens sont bel et bien dotés d’émotions, d’amour, d’attachement ou encore d’une sensibilité similaire à celle d’un enfant. De quoi prouver aux plus sceptiques la véritable place que doivent occuper nos chiens dans la société: des êtres vivants dotés de sensibilité et non des biens matériels, ce qui entraîne des dérives comme les chiens de laboratoire ou encore les usines à chiots. »

Je vous livre une réflexion écrite en 2014 concernant nos amis canins. Et, vivement la rentrée!banniereLeschiensBPP2

 Il m’est impossible de parler des chiens sans émotion parce-que c’est précisément ce qu’ils suscitent en moi.

Les chiens m’émeuvent par leur confiance indéfectible, l’explosion de leur joie à chacun de mes retours, leurs clowneries, cette façon de pencher la tête pour marquer un mot reconnu dans la phrase, les bonheurs quotidiens si bien enregistrés , balade, moment du jeu, distribution de la friandise du soir qu’ils savent nous rappeler pour peu que l’on ait oublié. Ne cherchez pas votre chien, il est resté obstinément assis devant le placard en attentant que la mémoire vous revienne. Leur simulacre de sommeil aussi quand ils gardent fixé sur moi, mi-clos, leur doux regard, petits espions ou anges gardiens…Et cette soudaine tristesse parfois au fond de leurs yeux, mais qui sait vraiment à quoi pensent les chiens?

Certains disent que vivre avec un chien est un esclavage, pour moi c’est une mystérieuse et réconfortante complicité. Cette relation n’est pas cérébrale, elle est juste accordée à la perfection sur le grand éventail des sentiments.

Il n’y a pas de chiens méchants, il n’y a que des chiens malheureux. La méchanceté appartient aux humains, eux seuls connaissent le sens du bien et du mal. La seule référence pour le chien est la directive donnée par son maître. Le chien est, comme le très jeune enfant, innocent et martyriser l’ innocence m’est insupportable.

Mais les chiens sont aussi les éternelles victimes des plus ignobles d’entre nous.

Combien en ai-je vus tendre timidement leur museau vers la lumière qu’il découvre, enfin délivrés de ces usines à reproduction, véritables machines à faire des petits, maltraités, usés par les proxénètes cynophiles, combien de pauvres corps meurtris blottis contre leurs sauveurs, le regard inquiet , faisant encore confiance à l’humain. Je n’en ai vu aucun qui ait tenté de mordre lors de ces sauvetages. Combien de chiens qui passent leur courte vie enchaînés. Combien de chiots arrachés trop jeunes à leur mère, transbahutés sur les routes d’Europe, bourrés d’antibiotiques pour arriver sans trop de casse à destination d’où ils sont vendus, de préférence à flux tendu . Non socialisés, souvent malades, laissés sans soins, harcelés toute la journée au travers des vitres des animaleries, générant des troubles de comportement de plus en plus fréquents, ils sont perdus dans un monde dont ils n’ont pas les codes. Et combien aussi en France dans les élevages, qui vivent dans des caves obscures, prostrés et pouvant à peine se mouvoir dans leur cage. Combien en ai-je vus ramper de terreur à l’approche de leur bourreau. J’arrête ici, j’aurais trop à dire encore…

Le chien, c’est un trait d’union de tendresse entre les gens.

« le chien, c’est un immense amour qui vit et meurt de son besoin d’aimer ».

Ils nous consolent de tout, le seul chagrin qu’ils nous font est quand ils meurent. On peut se demander si nous les méritons vraiment.

Pourtant, nous ne sommes peut-être pas si mauvais puisque les chiens nous aiment tant.

Brigitte PIQUETPELLORCE

Illustrations Caroline Tassigny

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